Quel avenir pour les débats intelligents dans ce monde de fou ?

Quel avenir pour les débats intelligents dans ce monde de fou ?
Dans la série « idéaux et débats », voici le débat philosophique du jour.
Avant tout, je crois qu'il peut être intéressant de vous dire que je suis personnellement un fanatique du débat. Tout petit déjà j'organisais des débats contradictoires entre mes petits camarades de classe... Comment ça, je l'ai déjà dit ? Ah, en effet. Mon Dieu, ça ne fait pas une semaine que j'ai mon blog et je radote déjà...

Bon, puisque vous savez déjà tout ça, je ne vois pas ce que je pourrais vous apprendre de plus sur ma vie passionnante, à part qu'aujourd'hui j'ai mangé une pomme, c'était pas mauvais... Bien que personnellement je considère que ça ne vaille pas un bon steak, surtout si on considère que, mais pas complètement. Mais je m'égare un peu dans les méandres torturés de mon âme fatiguée par les jérémiades sans fin de ces savants atomistes qui nous disent tour à tour que la vie sans amour est comme un jour sans pluie, une endive sans braise ou un égo sans trique...

Toujours est-il que le débat que je vous propose aujourd'hui est d'une importance capitaliste. Les économistes se disputent depuis longtemps à ce sujet, qui les a divisé en deux camps : les Truitistes (ce clan est composé majoritairement d'obsédés cyniques manquant d'humour) contre les... les autres, dont j'ai oublié le nom, mais cela importe peu, revenons à nos truites, ou à nos moutons, ça dépend de l'envie de chacun, du moment, et de la conjoncture actuelle.

J'entends déjà certains d'entre vous réclamer : « mais quelle est donc cette question ? », ainsi que d'autres constater que « ça veut rien dire, ce qu'il raconte, je me barre ». Bien, ça nous fera un peu plus d'air, on respirera mieux... Bien, maintenant que je suis seul, je vais donc pouvoir poser cette question fondamentaliste, sans fioriture, sans en orner l'intitulé de guirlandes ou de fioritures inutiles, je considère que vous êtes assez grand pour enfin voir la vérité en face.

"Pensez vous que le self love soit majoritaire chez les fanatiques de papayes, ou lui préférez-vous un voyage à Madagascar ?"

Vous n'oublierez pas que la majorité légale est aujourd'hui abaissée à 18 ans, ce qui n'était pas le cas à l'époque où a été posée pour la première fois cette grande question. Cela ne change rien au problème, mais il est important que les jeunes sachent qu'ils sont privilégiés par rapport à leurs aînés, grâce à quoi ils peuvent maintenant se prendre des contraventions pour excès de vitesse - ainsi que des murs en béton à 130 km/h - bien plus jeunes, ce qui est un avantage non négligeable.

Merci à vous, et aux autres aussi, bande d'égoïstes...

# Posté le samedi 29 juillet 2006 09:12

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:24

Quel avenir pour le passé?

Quel avenir pour le passé?
M'est avis que dans la précipitation, bien trop de gens répondent "présent" à cette question...

# Posté le mercredi 02 août 2006 08:29

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:24

Quel avenir pour la canicule à partir du mois de septembre ?

Quel avenir pour la canicule à partir du mois de septembre ?
Chers amis blogueurs, si je prends aujourd'hui la parole, c'est pour vous entretenir d'un sujet brûlant. J'aurais pu dire un sujet grave, fondamental, majoritairement prioritaire ou prioritairement majoritaire, mais non, si j'ai dit brûlant, c'est à dessein, et non par goût du calembour facile, mais parce que ce dit sujet est la canicule. Vous n'êtes pas sans savoir, ou si vous êtes sans savoir, c'est que vous feriez mieux de sortir un peu de votre skyworld et de retourner de temps en temps dans le vrai monde, vous n'êtes pas sans savoir, donc, que la canicule pose de grave problèmes. Je ne parle pas de ces vieux qui meurent par dizaines, libérant ainsi la jeunesse du fardeau des retraites à payer, ni des ouvriers du bâtiment qui paient d'une mort estivale le retard qu'ils n'ont pas manqué d'accumuler pendant l'année, non, tout cela on nous en parle déjà assez. La canicule a d'autres conséquences, bien plus désastreuses...

J'étais l'autre jour en voiture, sur la route des vacances. Le trajet promettait d'être long, et le soleil, malgré l'heure matinale, tapait déjà fort sur la tôle du véhicule. Tout se passa quand même assez bien, jusqu'à ce qu'arrive l'heure du repas de midi (autrement appelé « déjeuner », notamment par ceux qui ont pris la mauvaise habitude de ne pas petit-déjeuner le matin en se levant, comme le font d'ordinaire les honnêtes gens, et ce pour d'obscures raisons religieuses, morales ou ensommeillées, peu importe), et même plus précisément jusqu'à la fin de ce même repas. Ce n'est qu'au moment de faire un sort à mon dessert que la triste réalité me sauta à la figure : le brownie que j'avais prévu d'achever à ce moment précis de la journée avait en effet fortement souffert de la chaleur, et était tout mou. Seule la faim me poussa à le manger quand même, mais je n'étais déjà plus tout à fait le même : ayant pris conscience de la gravité des conséquences de la canicule, je ne pouvais rester inactif, je devais faire quelque chose pour, à ma petite échelle, lutter contre ce fléau.

La suite du trajet fut occupée à trouver le moyen le plus adapté à cette lutte. Et, après les quelques heures de trajet qui me furent nécessaire pour atteindre le lieu de ma villégiature estivale, j'avais trouvé LA solution, ZE ONE, comme disent nos amis d'outre-Atlantique.

Amis Skyblogueurs, si vous voulez lutter efficacement contre la canicule, faites comme moi, achetez-vous une glacière...

# Posté le lundi 14 août 2006 17:00

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:24

Quel avenir pour les alexandrins dans la conversation courante ?

Quel avenir pour les alexandrins dans la conversation courante ?
Les amis, laissez-moi vous conter une savoureuse anecdote dont je fus il y a peu le héros involontaire. J'errais de par les rues, sans but précis ni objectif défini, pour l'unique plaisir déambulatoire qu'aime à goûter le poète lorsque, étant tombé en amour d'un lieu, il y revient enfin après une trop longue séparation, et se plait alors à s'égarer dans ses cent ruelles comme l'amant à perdre ses caresses sur le corps connu et aimé de l'amante, sans s'en pouvoir lasser jamais. J'errais donc, accompagné d'un mien ami, amoureux lui aussi de ce lieu merveilleux. Tout en déambulant, nous échangions parfois, en un murmure discret pour ne pas déranger la quiétude de ce beau matin d'été, quelques paroles dont nous espérions qu'elles fussent le reflet de notre dévotion commune et partagée, mais néanmoins entière, tant il est vrai que l'amour est la seule chose qui n'est vraiment entière que lorsqu'il est partagé. Nous allions donc, heureux, béats presque, et goûtant incrédules à cet immenses bonheur d'être liés tout deux, en plus que par l'amour des belles lettres, des vins blancs liquoreux, de la musique irlandaise et du soleil couchant, par cet amour citadin.

Au détour d'une rue piétonne et déserte et de notre conversation murmurée, mon compagnon évoqua, à propos d'un sujet qui m'échappe aujourd'hui, la possibilité que cela fut, selon ses termes, « pire », sans nulle trace d'un quelconque pessimisme, juste sur le ton de quelqu'un qui, tout en sachant goûter au bonheur presque parfait, constate que ce bonheur ne saurait être éternel et envisage l'avenir avec sérénité et réalisme. Mais je n'eut pas même le temps de me faire ce raisonnement : à ce moment précis, une muse passa en rase-mottes dans cette même rue. Son aile douce et tiède effleura ma joue et glissa sur mon c½ur. Ce contact involontaire me fut suprêmement agréable, et m'inspira sur le champ la réponse que je fis à mon camarade, et qui claqua dans le vent frais du matin comme un étendard au milieu du combat, apportant par sa seule présence au combattant épuisé et effrayé l'amour de la patrie et le courage qui ont la triste habitude de diminuer quelque peu face à une rangée de baïonnettes. Et si cette réponse claqua si bien, c'est qu'elle s'exprima en un superbe alexandrin, que je soumets à votre admiration pantelante :

« Mais cher ami dis-moi : par quel aspect est-ce pire ? ».

Ainsi, il est parfois possible, sans que vous n'y ayez pris garde, qu'un beau jour une muse vous toucha aussi, et que vous aussi vous vous exprimâtes en alexandrins sans même le savoir. Alors à partir d'aujourd'hui, mes bons amis, lorsqu'une de vos phrases vous semble plus belle, plus douce et mélodieuse qu'un soupir divin, pensez-y, peut-être était-ce un alexandrin, né d'un contact éphémère et presque imperceptible... Alors vous goûterez au bonheur d'avoir été, un court instant, semblable à un Rimbaud ou à un Baudelaire...

# Posté le vendredi 01 septembre 2006 05:42

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:24

Quel avenir pour la joie non organisée et la fête non légiférée ?

Quel avenir pour la joie non organisée et la fête non légiférée ?
Vous êtes-vous déjà senti décalé, spécial, presque hors-la-loi ? C'est cette sensation qui m'a gâché ma soirée l'autre jour, alors même que ça devait être une soirée formidable puisque je retrouvai quelques-uns de mes camarades de retour en la ville où nous sommes étudiants, où je les avais précédé de quelques jours pour différentes raisons. Il se trouve malheureusement que ce retour coïncidait exactement avec ce que notre municipalité appelle « les accroche-c½ur »... C'est-à-dire que ces brillants politiciens ont eu l'idée, plutôt que de chercher à trouver des solutions pour offrir aux multiples SDF et autres punks qui traînent dans les rues une quelconque sorte d'abri à l'approche de l'hiver, d'organiser diverses festivités de rues – jongleurs, danseurs, tappeurs sur tam-tam ou gratteurs de guitares mal accordées – afin d'attirer le bourgeois en cette belle ville qui, soit dit en passant, en compte déjà largement suffisamment. Ne nous attardons pas sur l'anormalité conjoncturelle qui fait que cette idée correspond assez mal à l'idée qu'on se fait d'une municipalité de gauche, ce qu'assurent sans trembler ni rire – même pas jaune – notre maire et ses cons-seillers. Penchons-nous plutôt sur ce que sont ces « accroche-c½urs » dans les faits. Car, si l'idée peut sembler, malgré le décalage que nous venons de mettre en évidence, plutôt bonne (un maire n'a-t-il pas pour rôle de faire aimer sa ville – leur ville – à ses concitoyens ?), la mise en pratique en fait plutôt des « soulève-c½urs ».

L'étrangeté des animations proposées, tout d'abord ; n'ai-je pas assisté à l'exécution d'un concerto en oreilles bousillées pour motos, chef d'orchestre et public ignare ? Si si, je vous assure. Imaginez un peu une vingtaine de motos placées sur les marches du théâtre municipal. Face à elles, un homme qui fait des grands gestes. Et, à chaque grand geste, les vingt motards (un par moto, assez logiquement), mettent les gaz à fond. Le résultat était impressionnant : imaginez un peu la course du Bol d'Or, mais en plein centre ville et sans la vitesse inhérente à ce genre de manifestations sportives où le but est d'aller plus vite que les autres, juste le bruit. C'est tout simplement insupportable. Mais les gens, qui s'étaient déplacés en masse pour voir – entendre – cela, se perdirent en applaudissements à la fin du massacre, en me regardant bizarrement, moi, pauvre réactionnaire qui crois encore, à l'époque du rap et de la techno, que la musique est sensée être un assemblement mélodieux de notes... Pauvre de moi.

L'état des rues à la fin de la « fête » ensuite ; partant du principe qu'une fête n'est bonne que si on balance des tonnes de papier (recyclé, tout de même, on veut bien faire chier le monde mais à moindre coût ET écologiquement), il avait été alloué un budget « confettis » faramineux aux organisateurs. Les rues ressemblaient donc à une vaste corbeille à papier, en pire parce qu'il avait plu. Cette vision d'horreur m'amena à me demander s'il était normal que nos balayeurs paient pour les divertissements de la populace. Quant à ces sous-vêtements roses accrochés en guirlande dans nos rues, inutiles de dire que, plutôt que de nous inciter à voir « la vie en rose », ils nous ont plutôt fait voir rouge...

Enfin, ces « accroche-c½urs » sont maintenant finis, et je me reprends enfin à aimer ma chère ville, que ces manifestations de liesse obligatoire, légiférées et populacière avaient réussi – sublime exploits – à me rendre détestable.



Monsieur le maire, si vous lisez ce blog, ce qui serait bien la seule preuve de bon goût qu'on pourrait vous voir fournir, veuillez voir en ces quelques lignes l'expression du mépris que j'ai pour vous et ceux de votre espèce, les politiques qui placent leur talent d'organisation dans de piteuses plaisanteries involontaires au lieu d'en faire profiter leur concitoyens et électeurs. Monsieur, je ne vous salue pas.

# Posté le mercredi 20 septembre 2006 08:17

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:25