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Le blog que c'est qu'il avait rien à dire, mais qu'il le disait joliment.

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fikmonskov

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Ami de la littérature, du bien parler pour ne rien dire et de la poésie, bienvenu...

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Les pubeux sont des cons, nous le savions déjà. Mais en plus, ils sont des cons rétrogrades. Encore un peu et je me mets à les aimer...

_____Je vais probablement vous surprendre, mais je n'ai rien contre l'évolution de la langue française.

_____J'entends d'ici certains d'entre vous s'exclamer, dubitatifs : « Quoi, Fik devient tolérant et accepte que sa chère langue française évolue, lui qui s'est toujours attaché à l'utiliser de la façon la plus classique et la plus académique possible ?! » Eh bien non, je ne deviens pas tolérant, et ne le deviendrai pas tant que la tolérance restera ce qu'elle est en ce moment, c'est-à-dire un mépris complet de l'autre et de ses choix. Mais je confirme : j'accepte que la langue évolue, et je le souhaite, même. Déjà parce que sans évolution, nous parlerions encore en tapant à grands coups de défense de mammouth sur un arbre creux ; mais surtout parce que le monde change, et qu'on ne peut se permettre de laisser la langue sur le quai. D'ailleurs, le Vatican ne travaille-t-il pas à inventer des mots latins pour des réalités nouvelles, comme l'Internet ? Bon exemple d'évolution dans la continuité : on garde la même langue, et on l'enrichit, au rythme des changements du monde. Je le répète donc une dernière fois : oui à l'évolution de la langue française, trois fois oui !

_____Mais par pitié, faisons-le intelligemment. Et calmement, sans aller plus vite que raisonnable. Or, nous sommes aujourd'hui à des lieues de cet idéal de raison et de calme. J'en veux pour preuve une magnifique publicité pour un concert de Yannick Noah au Stade de France (Ce sera bien la première fois qu'on verra un tennisman sur la pelouse du Stade de France, soit dit en passant...). Le texte de cette fantastique publicité est le suivant : « Yannick Noah ambiance le Stade de France ». À la lecture de ce texte, je n'ai pu retenir un ricanement sardonique autant que douloureux. Déjà parce qu'il est plus courant de lire « Machin-Truc enflamme telle ou telle salle » ; on sent que le pubeux – je n'ose pas, dans ce contexte, utiliser le nom dont ils se gargarisent entre eux : « Créatif » - n'a pas osé reprendre mot pour mot cette expression, et, à l'écoute de n'importe quelle chansonnette de Noah, on ne peut que lui donner raison : ça n'enflamme rien du tout, ça ne fait à la rigueur que chatouiller. Ou gratouiller, ça dépend. Donc le type a préféré parler plutôt d'une ambiance : « Vous allez voir, ça va être sympa, y'aura une bonne ambiance, on fumera des splits en secouant doucement la tête, ça va être festif et convivial ». Un bon point pour lui, donc.

_____Là où le bât blesse, c'est, tout d'abord, que le verbe « ambiancer » n'existe pas. Mais admettons que cette invention soit, justement, le résultat d'une évolution de la langue. Encore que : le verbe voulant dire la même chose existait déjà. À l'époque où j'ai appris à parler, on disait encore « mettre l'ambiance », et ça marchait très bien. Mais admettons. Non, le vrai problème, c'est qu'il y a quelques mois, quand j'ai entendu pour la première fois le verbe « ambiancer », il voulait dire, en gros – j'ai mis pas mal de temps à trouver quelqu'un pouvant me l'expliquer : ceux qui ne l'utilisaient pas ne le comprenaient pas, et ceux qui l'utilisaient étaient incapables de trouver des mots pour l'expliquer -, « agacer », « énerver ». « Tu m'ambiances » voulait donc dire « Tu m'énerves », « Tu m'agaces », « Tu m'embêtes », « Tu m'enquiquines », « Tu me fais chier », ou même « Tu commences à me casser les couilles ». On voit bien, à l'énoncé de cette série d'expressions toutes encore usitées (quoique j'aie un doute pour le verbe « enquiquiner ». J'ai bien une voisine qui l'utilise encore, mais j'ai bien peur qu'elle soit la dernière) qu'il était effectivement absolument nécessaire d'inventer un nouveau mot pour exprimer cette idée. Puis, normale et saine évolution, l'usage en est tombé en désuétude, et deux mois après l'invention du verbe « Ambiancer », arrivait le nouveau verbe « Engrainer », au sens plus ou moins absolument identique.

_____Que la langue évolue, je veux bien. Mais il serait quand même bien qu'elle le fasse de façon un peu plus posée. Histoire que tout le monde puisse encore se comprendre. Pardon, se « capter ».

_____Ah, on ne le dit plus, ça non plus ?



Photo : "Une mauvaise habitude française : couper des têtes" par votre serviteur.
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#Posté le jeudi 05 novembre 2009 07:38

Modifié le jeudi 05 novembre 2009 16:16

C'est bientôt Noël, voici donc une petite page de pub. (Merci de ne faire aucun lien avec l'article précédent, j'aurais l'air trop con...)

_____Vous vous souvenez sûrement de folles parties de 7 familles disputées dans votre tendre enfance :

« Dans la famille Truc, je voudrais le père.
- J'ai...
- Et la mère ?
- J'ai aussi...
- Et la grand-mère ?
- Non, tu pioches ! »

_____Ah, qu'est-ce qu'on s'amusait ! Pourquoi alors priver vos enfants du même plaisir ? Sauf que les choses ont un peu changé, c'est ce que les créateurs du jeu des 8 familles d'aujourd'hui (en opposition aux 7 familles des heures les plus sombres...) ont bien compris, et mis en pratique. Avec un avantage de taille : l'intérêt du jeu est décuplé par les petits détails qui changent d'une famille à l'autre. Exemples :

« Dans la famille Bidule, j'aimerais la mère.
- Laquelle ? »

« Dans la famille Machin, je voudrais la nouvelle femme du père.
- Je l'ai.
- Non, regarde mon chéri, tu m'as donné la maîtresse actuelle du père, c'est pas la même.

« Dans la famille Chose, je voudrais le premier fils de la deuxième femme du père. Euh, du premier père, pas du nouvel ami de l'oncle... » (Celui qu'on appelle "la tante")


On le voit, tout est beaucoup plus rigolo comme ça (parce qu'avant, franchement, c'était un peu toujours la même chose).


_____Et puis c'est aussi un jeu éducatif (parce qu'envisager qu'un jeu ne puisse servir qu'à s'amuser est complètement réac'. C'est ce qu'un certain Adolf H. avait bien compris, lui qui apprenait dès leur plus jeune âge aux jeunes allemands à ne rien aimer plus que la marche en cadence et les nuits à la belle étoile par -10 degré. En cela - aussi -, il était un précurseur.), qui permettra d'épargner nombre de boulettes à votre enfant (oui, "votre"... Ne nous dîtes pas que vous en avez plusieurs ?!) Imaginez : le père d'un de ses amis vient le chercher à l'école avec une femme. Si votre fils l'a vu la veille avec une autre femme, il comprendra plus aisément que l'une des deux femmes n'est pas la légitime, et évitera de l'évoquer, évitant ainsi un drame affreux. Pensez, la deuxième femme du pauvre homme pourrait bien le quitter (il faudrait qu'elle soit un peu vieux-jeu, remarquez, pour croire encore que la fidélité conjugale vaut quelque chose), pour se mettre en couple avec votre femme, par exemple, on sait jamais.

Les jeu des 8 familles d'aujourd'hui est donc LE jeu à offrir à vos enfants. Encore que, j'ai soudain un doute : les faire jouer à un jeu de société, n'est-ce pas un rien rétrograde ?

_____Bon, offrez-leur plutôt une Playstation... avec GTA, c'est instructif aussi.




Photo : "Arbres de Noël avant leur mort" par votre serviteur.

Une petite vidéo de Nowel, ce sera mon cadeau.

Et puis tant qu'on en est à rigoler, allons-y, rigolons : une autre vidéo de Nowel.

Allez hop, ne soyons point chiche : un peu de nostalgie, pour se rappeler que The Darkness avait tout ce qu'il faut pour devenir le plus grand groupe de rock du monde, même le lideur cocaïnomane. Ce qui a d'ailleurs causé leur perte. Oui, parce que la drogue c'est mal.
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#Posté le mardi 08 décembre 2009 07:28

Modifié le mercredi 09 décembre 2009 07:36

Où, plutôt que de souhaiter une bonne année à ses lecteurs - ce qui se fait, paraît-il -, l'auteur se cire les pompes avec uns insistance vraiment répugnante.

_____J'entends parfois dire ici ou là que je suis un mal-pensant, un de ces odieux qui rappellent aux braves gens les heures les plus sombres, un de ces monstres qui, en 1940, aurait cru en Pétain comme tout le monde au lieu d'aller rejoindre de Gaulle, comme le firent quelques centaines de personnes. Un ignoble, un affreux. Un puant. En général, je réponds : « oui ». Et pourtant, parfois, je me surprends à être un mec bien. Tenez, l'autre jour, par exemple...


_____C'était devant la gare Saint-Lazare, vers 17 heures. Après une journée de travail harassante, je rentrais chez mes parents, en banlieue, pour y fêter en famille la fin de l'année passée et le début de la prochaine. J'étais fatigué, et même un peu malade, ce qui peut aider à expliquer – sans aucunement l'excuser – l'odieux drame qui allait advenir. En approchant, j'aperçus à l'entrée de la gare que quelqu'un vendait, comme souvent, le journal « L'Itinérant ». Les quelques dernières fois que j'étais passé en ce lieu, j'avais eu droit, en vrac, à un vieillard rhumatisant sentant le fond de poubelle, qui insultait copieusement tout le monde, même ceux qui s'apprêtaient à sortir de leur poche les deux euros nécessaires à l'achat du journal sus-nommé ; ou un homme entre deux âges, sentant le fond de poubelle, qui s'accrochait désespérément avec des larmes dans les yeux et une haleine de chacal mort au bras des malheureux s'étant laissé approcher de trop près ; ou encore un jeune zombie, plus mort que vif, et sentant le fond de poubelle, qui semblait ne regarder que l'intérieur de son crâne, et qui se réveillait parfois pour lancer d'une voix lugubre et caverneuse : « Demain est reporté, braves gens ! ».

_____Cette fois, c'était une jeune fille. De loin déjà je l'entendais souhaiter de joyeuses fêtes aux passants, d'une voix joyeuse et méditerranéenne, où l'on sentait une certaine fatigue, qui en rehaussait le ton noble et fier. C'était un peu la voix d'une vendeuse de fromage de chèvre dans un souk quelconque autant que nord-Africain, qui ne ménage pas sa peine mais sais que de la réussite de sa vente dépend le repas du soir des ses petits frères et s½urs, et y met donc tout son c½ur. A mesure que je m'approchais, je commençais à distinguer les traits de la demoiselle sous le bonnet péruvien qu'elle portait comme un diadème ; des traits fins et doux, sans rides, sans ces tâches grises qu'appose le froid aux joues des gens habitants trop longtemps dehors, sans la dureté habituelle des mendiants et quêteurs. Troublé, je continuais de m'approcher, jusqu'à n'être plus qu'à un mètre d'elle. C'est alors qu'elle me regarda. J'eu soudain l'impression que les nuages venaient de s'ouvrir au dessus de moi, me plongeant dans la douceur d'un soir d'été ; je n'étais plus devant une morne gare parisienne par un soir de grisaille hivernale, mais sur une plage de Copa, ou de Cabana, mollement étalé sur une serviette sentant la lessive et l'orange, une beauté brésilienne me disant des mots doux à l'oreille. Et dans ses yeux, nulle plainte, nulle demande, seulement une douceur et un calme infinis.


_____C'est en pensant aux trois précédents miséreux que j'ai ostensiblement refusé de lui acheter son journal. Ça aurait été complètement discriminant envers les gens qui sentent le fond de poubelle.




Photo : "Cours, petit !" par votre serviteur.
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#Posté le jeudi 31 décembre 2009 08:05

Ceci est un article de justification primaire. Du genre "Ouais, même que c'est pas ma faute, c'est lui k'a commencé même que d'abord". Oui, je suis en panne d'inspiration...

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_____Il est une affirmation qu'on entend souvent, quand on traine un peu, comme moi, dans le monde de la musique : « Les métalleux sont des types vachement orgueilleux ». Des métalleux, j'en connais un certain nombre. Je le suis parfois moi-même, à mes heures perdues (enfin, «perdues»... Pas pour tout le monde. Mes voisins pourraient vous confirmer qu'eux n'en perdent rien). Eh bien moi qui en connais beaucoup, des métalleux, je l'affirme sans détour, avec la plus totale objectivité : c'est vrai, nous sommes orgueilleux. En revanche, quand j'en entends certains rajouter « ... et ils n'ont vraiment pas de quoi l'être, en plus », là, je dis « non » : nous avons des raisons de l'être. Et pas seulement parce que notre musique est la mieux.


_____Faisons une expérience simple : réunissons une dizaine de jeunes lambda dans une pièce, au centre de laquelle trône un lecteur de CD, de MP3, de cassette, de tout ce que vous voulez pourvu que ça puisse être – ou prétendre être, c'est là qu'est le drame – de la musique. Il y a 90 chances sur 100 que celui des dix personnes qui ira mettre sa musique sera un amateur de rap, de reggae, de hip-hop, voire de Manu Chao. Les 10% qui restent se partagent entre la chanson française (environ 5%), la musique des films de Walt-Disney (2%), le classique (1%) et le métal (1%). Reste 1% qui ne se prononce pas. Un sourd, probablement.

_____Dans ces dix personnes, il y a en gros 1 chance sur 3 qu'il y ait au moins un métalleux (si l'échantillon est représentatif de la jeunesse française). Dans l'immense majorité des cas, donc, l'amateur de métal doit se résoudre à supporter ce qu'il considère – et la stricte analyse musicale lui donne raison – comme de la daube gerbitive. Ce même métalleux, pour peu qu'il soit sorti la veille dans un bar quelconque, aura été obligé de supporter toute la soirée un mélange de rock des années 70 et de disco des années 80, genres qu'il considère (une fois encore, la stricte analyse strictement musicale lui donne raison) comme bien inférieurs à son style de prédilection. Si le WE précédent il est parti à la campagne avec des amis non-métalleux, il est probable qu'il se soit tapé une heure et demi de trajet en voiture avec une compilation des dix derniers Cds de la scène rock anglaise. Scène que notre ami considère (bla bla bla bla bla bla, complétez vous-même) comme relativement médiocre. Le lundi suivant, notre ami va à un concert d'un groupe de ses amis, à l'occasion d'un tremplin-rock. En attendant ce groupe d'amis, il va devoir voir passer 7 groupes de rock/chanson/fusion qu'il trouvera largement moins bons (Tchoutchou !) que ses amis. Et à la soirée du vendredi, si ses amis non-métalleux entreprennent de « mettre un peu de métal, pour te faire plaisir », il est probable qu'ils n'aient rien d'autre que du pseudo-hard-rock de bas-étage, qu'il regrettera (Cocorico ! Hi-han !) de voir assimilé à son style favori.

_____Je vous propose maintenant un petit exercice d'imagination. (Nous admettrons pour les besoins de l'exercice que vous faites parti des 90% de la population qui ont des goûts de chiottes ; en musique, tout du moins. Parce qu'en littérature, si vous êtes ici, c'est que vous êtes sauvés.) Imaginez qu'on vous plonge pendant un mois dans un groupe d'amis métalleux. Pendant un mois, quand vous prendrez la voiture, le conducteur – métalleux – mettra son CD préféré ; quand vous irez en soirée, plutôt que d'aller danser en boite, vous vous retrouverez à boire de la bière avec vos amis – métalleux - en décortiquant le dernier album de Vaginal Purulence (sic) ; en semaine, même si Benjamin Biolay passe au Zénith, vous ferez une virée entre potes – métalleux - pour aller headbanguer avec Trepalium dans une obscure salle de banlieue ; au boulot, vos collègues – métalleux - n'accepteront de bosser que sur un mix de Children of Bodom, de Death, de Mayhem et de Slayer. Et le soir, en rentrant chez vous, vous ne trouverez plus vos CD d'Indochine ni des Libertines, mais uniquement le ½uvres complètes de Sonata Arctica, Adagio et Dimmu Borgir, et vos playlist préférées sur Deezer auront été remplacées par l'intégrale de Behemoth.

_____Deux solutions (trois, si on compte la plus probable : le suicide. Mais c'est mal, donc je n'en parle pas. D'ailleurs, il faudrait être un peu malade pour écrire ne serait-ce qu'une ligne sur ce sujet, non ?) : au mieux, vous sortirez de cette expérience persuadé de la supériorité de votre musique, qui elle au moins n'est pas un mélange de hurlements et de coups de grosse caisse jouée à 220 bpm. Vous en retirerez une tranquille assurance, et regarderez les métalleux avec un peu de condescendance mêlée de pitié : « Les pauvres, ils font leur crise d'adolescence, c'est normal ». Et vous continuerez d'imposer votre musique à tout le monde.

_____Au pire, vous découvrirez que, derrière les grognements gutturaux et les hurlements des guitares saturées, une vraie musicalité se cache aux oreilles des néophytes ; vous comprendrez qu'il est plus judicieux de parler de puissance que de violence ; et la diversité du métal vous permettra de trouver à chaque instant de votre vie un morceau qui en fera une parfaite bande sonore. Vous finirez par affirmer que le métal est parmi les meilleurs genres musicaux jamais inventés.

_____Et vous deviendrez à votre tour un gros connard orgueilleux.



_____Bienvenu parmi nous.




Vous aurez noté que, pour une fois, la photo a quelque chose à voir avec l'article, puisqu'elle montre un de ces gros connards orgueilleux. Qui se trouve être, au passage, le producteur du premier EP de mon groupe, Un Ange Passe. Et qui est un chouette type..
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#Posté le jeudi 25 février 2010 04:40

Modifié le vendredi 26 février 2010 09:23

Pour vivre heureux, sortons couverts.

_____Aristote disait : «Tout finit par arriver. Sauf si ça passe par la Poste, auquel cas on n'est plus sûr de rien». Et bien il avait raison : aujourd'hui, pour fêter mon grand retour sur ce blog après quelques mois d'absence, je vais parler de cul. Oui, un plein article à parler de cul, avec des liens vers des vidéos pour ceux qui n'ont pas envie de faire l'effort de lire.

_____Je vais plus exactement vous parler de libération sexuelle. En gros, pour faire simple, jusqu'au milieu du siècle dernier, le sexe était caché, masqué, opprimé, et pas seulement parce qu'on portait plus volontiers des slips que des caleçons. Non, le sexe était quelque chose de tabou (alors que tout le monde, déjà, en avait un) : on ne le faisait qu'entre mari et femme, en prenant soin d'éteindre la lumière pour n'être pas envahi de mauvaises pensées ; on attendait d'être engagé pour la vie avant que de se laisser aller à pêcher, comme si c'était une excuse ; et la plupart du temps, on ne le faisait que dans le but d'avoir assez d'enfants pour assurer sa retraite. Quant à en parler, comme je le fais maintenant, c'était bien sûr inenvisageable. Heureusement, au milieu du siècle, de courageux jeunes gens ont enfin compris qu'il était plus humain de tirer dans tous les coins, dans tous les sens, avec n'importe qui, et de s'en vanter, sortant ainsi le monde de l'obscurantisme quasi moyenâgeux dans lequel il baignait. Et comme ils avaient le sens de la formule, ils ont appelé ça «libération sexuelle», sans majuscules - alors qu'ils auraient bien voulu, pour donner à la formule un air sérieux - parce que c'est rétrograde.

_____Cinquante ans plus tard, le sexe est vachement bien libéré, puisqu'on le trouve partout : dans les bouquins de barbus nous expliquant que c'est notre sexe qui nous dirige de la naissance à la mort, dans les films de gens qui nous expliquent que c'est de l'Art, quand on aurait plutôt tendance à croire que c'est des cochons, et même sur tous les murs de toutes nos rues, sur des magnifiques affiches qui nous vendent une machine à laver, une voiture ou une assurance-vie en nous laissant imaginer qu'elle transformera notre femme en poupée gonflable, ce qui est le rêve de tout homme et de toute femme normalement constitué (si si, ne niez pas).

_____Seulement voilà, tout ça n'est pas sans conséquences : il se trouve que des gens en meurent, de cette libération sexuelle. Comme c'est pas chouette du tout, et qu'il ne faudrait surtout pas retomber dans les heures les plus sombres de l'histoire du cul, on s'est dépêché de trouver un coupable, qu'on a appelé Sida, parce que ça sonne bien, et que c'est plus vendeur que «syndrome d'immunodéficience acquise». Et on lui a tout mis sur le dos, un peu comme on a tout mis – à tort – sur le dos du cochon pour la grippe A, pour surtout pas avoir à comprendre que tout ça est avant tout de la faute de l'homme. La Sida est donc l'ennemi numéro un, un salaud qui nous empêche de baiser tranquille, un connard rétrograde qui veut nous faire retourner au Moyen-Âge. Bouh, haro sur le Sida ! No Pasara !

_____Personnellement, je suis archi pour la lutte contre le Sida. Déjà parce que le Sida tue des gens, et que ça c'est franchement pas très sympa, mais aussi parce qu'elle met en évidence la vision que les gens qui la font – qui sont évidemment ceux qui prônent la baise à tout-va – ont de la sexualité. Analysons pour cela les petits films de propagande réalisés ces dernière années pour montrer à quel point le Sida c'est pas cool.

_____Alors bon, on tombe assez rapidement sur ce genre de clips. L'acte sexuel, rappelons-le, est censé apporter la vie. Un des premiers soins de la libération sexuelle a été de déconnecter l'acte sexuel de la procréation, avec en premier lieu la promotion du préservatif, dont c'est le but premier, et avec la promotion de pratiques rendant impossible cette procréation, homosexualité en tête. Jusque là, c'est assez compréhensible : un chiard, c'est du temps perdu, c'est un engagement à long terme, ça coûte cher, c'est que des emmerdes. On demande à jouir sans entraves, c'est pas pour se retrouver avec une grosse entrave perpétuelle, merde quoi. Mais de là à rapprocher aussi explicitement l'acte sexuel de la mort, de façon claire et directe, il y a un pas, petit pour l'homme, certes, mais immense pour l'Humanité. Un pas en arrière, j'entends.

_____Mais admettons qu'il ne s'agisse que d'un raccourci pris un peu rapidement par nos amis publicitaires. C'est vrai, ça arrive même aux meilleurs, il n'y a pas de quoi tirer des conclusions hâtives. Continuons...

_____En continuant un peu, on finira par tomber sur un clip de ce genre-ci, qu'on pourra trouver rigolo ou débile, selon qu'on est plus fan de Bedos ou de Desproges. Personnellement, j'y vois deux choses. La première, la plus anecdotique, est que le sexe y est personnalisé, ce qui lui donne une certaine indépendance : il pense par lui-même, et communique avec la personne à qui il appartient. Une relation sexuelle ne mettrait donc en relation que deux sexes, et non plus deux personnes, comme à l'époque obscure où elle était le sommet de la rencontre entre mari et femme.
_____La seconde est beaucoup plus gênante : ce pauvre pénis rebelle, comme le titre la vidéo, se révolte, geint et pleure comme une gonzesse (un comble) parce que son propriétaire veut en faire ce pourquoi il est fait. Or ce malheureux ne veut pas, non, il ne veut pas «rentrer là-dedans»... C'est vrai, quoi, c'est dégueulasse, non mais oh ! Alors couvrons-le, protégeons-le de tant de saleté.

_____On retrouve ces deux points, poussés à leur paroxysme, dans cette vidéo-ci, qui se veut cocasse et poétique, et dont je déconseille la vision à ceux d'entre vous qui ont encore une âme d'enfant naïf. Pour faire simple, nous y voyons un pénis solitaire faisant fuir le sexe opposé (au sens propre). Heureusement, une main secourable lui offre un préservatif ; immédiatement, il se trouve paré d'un sex-appeal incroyable, et nulle ne lui résiste plus. S'en suit une scène d'amour tout ce qu'il y a de plus poétique, qui donne follement envie d'aimer. Ou pas, d'ailleurs...
_____Ce qui est marquant, dans cette dernière vidéo, c'est que ces petits personnages animés sont en fait... des graffitis. Oui, ces dessins moches que la SNCF considère comme un fléau, que les collèges et lycées s'acharnent à bannir de leurs murs. Un truc qui fait chier, quoi. Quand au décor de ce charmant conte de fée, ce n'est rien d'autre que... les murs de chiottes publiques, cet endroit où toute personne dotée d'un odorat normal refuse le plus souvent d'aller tellement ça sent mauvais, le genre d'endroit où on n'ose à peine marcher par terre de peur de salir ses semelles.


_____Ils voulaient jouir sans entraves, ils finissent par nous obliger à nous enfermer dans un bout de plastique, comme un vulgaire sandwich sous cellophane ; ils disaient vouloir sortir la sexualité des tabous qui l'entouraient, ils l'ont reléguée aux chiottes...



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#Posté le lundi 17 mai 2010 10:59

Modifié le jeudi 27 mai 2010 03:31

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