Quel avenir pour les proverbes chinois à l'heure de la mondialisation ?

Les amis, laissez-moi vous en conter une savoureuse. C'est une histoire que je tiens d'un ami chinois, qui, de passage en France, profita pendant quelques semaines de l'hospitalité de ma famille. Pour nous remercier de notre accueil, il avait coutume de nous raconter, le soir à la veillée autour du feu, quelques histoires qu'il avait apprises de son grand-père, qui lui-même les tenait de son grand-père, qui lui-même les tenait de son grand-père, et ce depuis la fin des temps immémoriaux... Ces histoires étaient de savoureuses perles de bon sens populaire, de sagesse ancestrale et de morale orientale, le tout enrobé dans un écrin de poésie. Nous passions des soirées fabuleuses. Et ce bonheur qu'il nous apporta, j'ai envie aujourd'hui de le partager avec vous.


«
L'histoire débute il y a bien longtemps, dans une campagne retirée de la Chine pas encore communiste, c'était le bon temps... Un sage vivait là, isolé du monde et de sa médiocrité. Il se consacrait à la méditation, la prière, le yoga et la cueillette des fraises qui poussaient dans son petit jardin. Sa vie n'était que bonheur et solitude. Il disait toujours : « pour vivre heureux, vivons seuls, Tchi-d-dan* !!!». Et les arbres, les oiseaux, les nuages, les sangliers et les punaises des bois acquiesçaient.

Sa renommée arriva un jour jusqu'au petit village de Fu-Dput, où vivait un jeune homme, un peu sot, qui s'appelait Tchang, comme tous les chinois. Tchang passait ses journées à dessiner dans le sable sans rien dire, l'air grave et serein à la fois. Certains de ses voisins disaient qu'il se prenait soit pour le Christ, soit pour Aristote, qui tous deux avaient l'habitude de dessiner dans le sable sans rien dire... Mais Tchang ne prêta jamais foi à ces dires, d'abord parce qu'il était sacrément radin, et également parce qu'il ne parlait jamais, par paresse, ou par ignorance, nul n'aurait pu le dire. Toujours est-il que, le jour où la renommée du sage arriva à Fu-Dput, les sages du village, qui n'étaient en fait que des imposteurs se faisant passer pour sages, parce qu'ils avaient une longue barbe blanche et que personne ne les aurait cru s'ils avaient tenté de se faire passer pour le Père Noël, les sages donc décidèrent d'envoyer Tchang voir ce fameux sage. Peut-être celui-ci pourrait-il éveiller le jeune homme à l'intelligence ? Et de toute façon, le village serait débarrassé de ce gêneur qui lui coûtait cher en nourriture.

Tchang s'en alla donc, et arriva plusieurs mois plus tard, sans que personne ne sut jamais par quel moyen, chez le vieux sage. Celui-ci, le voyant arriver, le prit pour un collègue : cette façon de dessiner dans le sable était celle d'un sage encore plus sage que lui, et il se mit donc au service de Tchang, qui continua à dessiner sans rien dire. Et le vieux sage s'acharnait à essayer de comprendre ce que voulait dire le maître, sans y parvenir. Mais il ne se décourageait pas, certain de parvenir un jour à percer l'énigme. Cela dura fort longtemps. Tchang était heureux, comme peut l'être un abruti profond tant qu'il y a à manger.

Puis ce fut le drame : un beau soir que Tchang dessinait dans le sable encore chaud, une vipère, dérangée dans sa sieste par le jeune homme, le mordit férocement au doigt. Tchang s'effondra sans un cri, ce qui tendrait à prouver qu'en fait il était muet... Le sage le trouva allongé par terre, dans la position où la mort l'avait trouvé : le bras tendu devant lui, le doigt au niveau des yeux. Alors, au lieu de regarder le doigt, le sage s'allongea à ses côté et, scrutant le ciel, chercha ce que son maître pouvait bien lui montrer... Il mourut plusieurs jours plus tard, sans avoir trouvé la réponse à ses questions.

Moralité : Quand l'imbécile montre son doigt, le sage regarde les étoiles »


* "Tchi-d-dan" est une interjection chinoise signifiant à peu près "bordel de merde"...

# Posté le dimanche 24 septembre 2006 11:48

Modifié le mardi 04 mars 2008 08:55

Quel avenir pour la poésie engagée dans une démocratie couchée ?

Quel avenir pour la poésie engagée dans une démocratie couchée ?
Bonjour à tous.

Aujourd'hui je vais pousser un petit coup de gueule, parce que je trouve qu'il y a des trucs qui ne devraient pas exister, alors j'ai fait une liste des trucs qui devraient pas exister et je vais écrire une poésie sur chaque truc qui devrait pas exister, pour dire aux gens que ces trucs devraient plus exister, et alors il faut faire quelque chose.

1er truc (qui devrait pas exister, des fois que certains aient pas compris de quoi je parlais) : la faim, dans tous les pays, mais surtout en Afrique parce que quand on regarde la télé pendant le dîner et qu'ils parlent de la faim, on voit des africains, ça veut bien dire qu'ils ont plus faim là-bas...

2ème truc : le racisme parce que on est tous pareil (enfin pas tout à fait, mais il faut faire comme si...) et que Le Pen il est moche, et c'est parce qu'il est raciste qu'il est comme ça, alors moi je préfère pas être raciste.

3ème truc : le mysoginisme (je sais pas si c'est comme ça que ça s'écrit) parce que c'est comme du racisme, et que c'est pas vrai que la femme est plus forte que l'homme, alors il faut arrêter ces conneries, merde quoi !

4ème truc : les rageux, parce que on pense chacun ce qu'on veut, alors arrêtez de nous dire que ce qu'on pense est nul... C'est vraiment trop nul de penser ça.

5ème truc : Monsieur Durand, c'est mon dentiste, parce que ça fait mal quand il s'occupe de mes dents et que moi j'aime pas avoir mal, je suis pas sado-maoïste ou un truc du genre...

6ème truc : la guerre, parce que, comme le dit si bien mon professeur d'histoire, « la guerre c'est moche ».


Et comme une fois ne met pas de costume, et qu'il faut toujours mettre la fin en premier parce que c'est meilleur et que les premiers seront les avant-derniers si ils dépassent celui qui est devant eux, ben je commence par la guerre.

Voilà mon poème qui dit que la guerre c'est moche, vous allez voir. Et si vous connaissez monsieur Bush, dites-lui de venir sur mon blog, il comprendra qu'il faut qu'il s'en va de l'Irak...


La guerre c'est moche

Je veux que vous sachiez à quel point c'est pas beau
De se taper dessus à coup de mitrailleuses
De flingues, de bazooka, livrant à la faucheuse *
Des jeunes hommes innocents. Non c'est pas rigolo

D'envoyer à la guerre des p'ti gars qui n'avaient
Jamais rien demandé, surtout pas à mourir
Mais qui auraient voulu pouvoir vivre et sourire
Et cueillir en riant des fraises et des navets

C'est pour ça que je dis à tous les présidents
A tous les dictateurs et à tous les tyrans
Qui n'arrivent jamais à se mettre d'accord

Mettez donc votre orgueil au fond de votre poche
N'envoyez plus jamais des pov'gens à la mort
Et comprenez enfin que la guerre, ben c'est moche



* La faucheuse, c'est une allégorie pour la mort, c'est une image poétique, si vous comprenez pas c'est normal, c'est parce qu'il faut être culturé, avoir de la cultivité, quoi.


Et un autre, que je viens de finir, ça fait longtemps que je le fais alors j'espère qu'il vous plaira...

La guerre c'est moche
La connerie c'est bête
La mort c'est nul
La haine c'est pas gentil

Mais par contre...


Le partage c'est convivial
La famille c'est fraternel
La joie c'est super cool
Et la vie, c'est belle !


Merci à Vianney pour son aide que sans elle ce poème il aurait pas été aussi beau.

# Posté le mercredi 27 septembre 2006 09:36

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:25

Quel avenir pour les suites de séries littéraires dans le sky-world ?

Quel avenir pour les suites de séries littéraires dans le sky-world ?
Amis skyblogueurs, réjouissez-vous, soyez dans l'allégresse, j'ai une grande nouvelle à vous annoncer : le retour de ma série littéraire en 25849 épisodes. Rappelez-vous : il y a quelques temps de cela, vous assistiez à la naissance d'un grand événement littéraire, le premier feuilleton publié sur un skyblog. Malheureusement, le décès prématuré du héros nous avait laissé entrevoir à tous que ce feuilleton risquait de demeurer un mort-né. Eh bien non, Robert Plantin revient, dans un récit haletant, au suspens trouble, où se côtoient le bizarre et l'étrange sans que l'idée que ce soit un peu un pléonasme ne les puisse déranger en rien. J'ai pour cela du user d'un stratagème habile que je vous laisse découvrir maintenant, dans ce deuxième épisode des aventures de Robert Plantin.


Résumé de l'épisode précédent : Robert Plantin est un con, tellement con qu'il oublie d'attacher la corde qui doit le pendre au barreau de son balcon, ce qui fait que son suicide est un suicide par chute et non par pendaison, contrairement à ce qu'il avait prévu.


Inutile de dire que cet événement fit du bruit dans le quartier. C'était un de ces quartiers de petite ville de province où la moindre occasion de troubler un peu la banalité du quotidien servait pendant des mois, tant il ne s'y passait jamais rien. Des immeubles miteux et des maisons toutes semblables accueillaient là une foule de gens qui partaient tous les matins à la même heure pour aller travailler au même endroit, et qui revenaient toujours le soir au même moment. Les hommes allaient alors se poser au bistrot du coin, L'Endroit, aussi triste et moche que le reste du quartier mais qui présentait l'avantage de servir une bière mauvaise et tiède, certes, mais surtout pas chère, ce qui permettait à chacun de dépenser la majorité de son salaire dans autre chose que la boisson, cigarette ou Loto, le plus souvent es deux à la fois. Boire et jouer aux cartes, tel était l'emploi du temps des hommes du quartier, pendant que leur femme préparait la cuisine ou rangeait la maison.

Robert Plantin, lui, n'avait jamais pris part à ces parties interminables : il s'était donné comme principe de ne jamais faire comme tout le monde, persuadé que c'était là une marque indéniable d'intelligence. Il venait donc à L'Endroit, pour « se mêler au bas peuple », disait-il pour s'en justifier, en oubliant qu'il était un membre des plus représentatifs de ce « bas peuple », mais pour y lire le journal, le plus souvent une édition Littéraire d'un grand hebdomadaire national. Il n'y comprenait rien, mais se composait, à chaque fois qu'il tournait une page, un air qu'il imaginait docte et concentré, mais qui lui donnait un air foncièrement obtus. Il prenait aussi parfois des notes, sur un petit calepin qu'il sortait de la poche intérieure de sa veste, comme il avait vu Jean-Paul Sartre faire dans un téléfilm sur la Une. Il prenait parfois part à la conversation, sous la forme d'une phrase lapidaire sensée contenir un enseignement profond sur le sens de la vie, la nature d l'Homme ou la non-existence de Dieu, qu'il tenait pour une évidence aisément démontrable, et qu'il n'entreprit pourtant jamais de prouver. Les autres clients du bar s'en amusaient, et feignaient de le prendre très au sérieux, redoutant qu'il ne revienne plus si l'un d'eux mettait sa nullité en évidence.


Fin de l'épisode



A bientôt pour la suite des aventures de robert Plantin, si Dieu le veut et si le beau temps se maintien...

Merci à vous.

L'auteur.

# Posté le samedi 07 octobre 2006 08:21

Modifié le mardi 26 août 2008 03:45

Quel avenir pour les décisions politiques adaptées au contexte dans une république bananière ?

La France traverse depuis de trop nombreuses années une crise économique et politique grave, n'importe quel étudiant en chacune de ces deux matières vous le dira. Le peuple français, qui est moins con qu'il en a l'air (ce n'est pas excessivement compliqué), attend de ses hommes politiques qu'ils agissent avec pour objectif principal de réduire cette crise, en redonnant à la France un peu de la grandeur accumulée au fil des siècles au prix de milliers de vies et d'encore plus de sacrifices consentis par le peuple entier, et perdue depuis en moins d'un siècle grâce à une succession de présidents qui « passèrent à l'Elysée avec une sérénité dans l'incompétence forçant le respect », comme le disait en substance un grand humoriste. En un mot, parce que je sens que vous avez perdu le fil ténu de ma pensée, la France attend qu'un politique prenne un jour une grande décision intelligente pour enfin tenter de faire quelque chose. Et il y en aurait beaucoup, de décisions à prendre, pour un homme intelligent et courageux : baisser le taux de taxes imposées aux patrons et aux travailleurs, abolir les 35 heures, réinstaurer une taxe aux produits entrant (ce qui impliquerait de dire encore une fois « non » à l'Europe), et tant d'autres choses qui feraient que les français voulant travailler (ils existent) puissent le faire sans avoir à donner la moitié du fruit de leur labeur à ceux qui refusent de travailler et sans avoir à s'exporter pour vendre leur talent au moins exigeant.

Ça fait du boulot, tout ça, il me semble. C'est pour ça que, quand j'ai entendu à la radio l'autre jour que notre gouvernement s'apprêtait à légiférer sur une question qui faisait débat, « plus de détails après la pub », mon c½ur de battre s'est (presque) arrêté. Allais-je assister à l'événement du siècle, notre gouvernement allait-il prendre des mesures pour sortir la France du mauvais pas où elle se trouve ?

Eh bien non, ce « projet de loi qui fait polémiquer sur les bancs de l'Assemblée » portait simplement sur l'interdiction de fumer dans les lieux publics. Alors là je dis « bravo !!!». Voilà exactement le genre de loi qui va sortir la France de la crise, qui va redonner aux français la fierté qu'ils ont perdue, qui va enfin refaire de la France ce grand pays dont le monde entier enviait la culture, le raffinement, la galanterie, les vins et les fromages.
Sans même m'attarder à me demander si cette loi est une bonne chose ce qui en soi pose question, déjà), j'aimerais saluer ici l'esprit d'à-propos dont vous faites preuve, messieurs les politiques, et vous rappeler que, en politique, tourner en rond et foncer droit dans le mur ne sont pas incompatibles.

# Posté le jeudi 19 octobre 2006 10:50

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:26

Quel avenir pour la pâte à tartiner LIDL face au consumérisme ambiant ?

Les amis, laissez moi aujourd'hui vous faire part de mon désarroi le plus total, désespérant et parallélépipédique... En effet, pour la première fois depuis que je suis l'heureux possesseur de ce blog, je me trouve dans la situation la plus angoissante qui soit pour un auteur. Moi qui d'habitude ne connais guère l'angoisse de la page blanche, tout d'abord parce que j'ai toujours plein d'idées (géniales, n'est-ce pas ?) qui me viennent à l'esprit (je voulais dire à la plume...), et surtout parce que j'écris sur du papier de couleur, je n'ai pour le moment strictement rien à dire. Mon imagination est en grève, mon talent en vacances, et mon T-shirt en coton 100% pur synthétique. Mais comme il pleut sur ma belle ville - ce qui n'est guère original, avouons-le, je me retrouve enfermé chez moi sans rien d'autre à faire qu'écrire. C'est pourquoi je suis présentement en train de vous entretenir de rien, de vide, de creux.

Oh, bien sûr, je les entends, les mauvais esprits qui croient malin de rétorquer que de toute façon, « c'est ce que tu fais toujours, gros naze... ». A ceux-là, je dirais qu'en effet, ils n'ont point tort, mais qu'à l'avenir ils feraient mieux d'exprimer leurs idées dans un langage un rien plus châtié, afin que je puisse prendre leur remarque en compte, ce que je ne saurais faire présentement, étant donnée la pauvreté stylistique de la phrase susdite. Laissons donc ces biens tristes sires à leurs « zyva, l'bouffon, comment il me zaeff sa reum ! » pour enfin nous retrouver entre gens d'esprit. Je vous prierais au passage de bien vouloir agréer l'expression de mes plus plates excuses si ces expressions sont, ce qui ne serait guère étonnant, passées de mode depuis plus de trois ans, mais je n'ai plus eu à côtoyer le genre de personnes qui les utilisent à tort et à travers depuis si longtemps que je ne suis plus vraiment au courant des us et coutumes de cette frange de la population de notre beau pays. Croyez bien que j'en suis navré, et qu'il est normal que vous n'ayez rien saisi à la phrase qui précède celle-là même que vous êtes en train de lire, et que je suis présentement en train d'écrire, mais que je ne serai plus en train d'écrire au moment où vous la lirez, cela va de soit...

Enfin, toujours est-il que je n'ai toujours rien à dire, alors même que j'ai commencé à écrire cet article il y a de ça plusieurs jours, mais non, mon esprit d'habitude acéré continue à faire grève. Oh, bien sûr, je pourrais vous parler des nombreuses aventures qui me sont arrivées ces derniers jours. Je pourrais vous raconter comment j'ai empêché le détournement d'un train par un terroriste belge qui voulait le faire s'écraser dans le palais de l'Elysée, ou comment j'ai secouru Angelina Jolie qui était en train de se faire agresser par une meute de paparazzi, ou encore comment j'ai pour la première fois de ma vie étendu moi-même mon linge que j'avais mis moi-même dans une machine à laver que j'ai moi-même programmée pour qu'elle démarre à 17H36 précises, je pourrais vous raconter tout ça, et pourtant non, je n'en ferai rien. Je n'en ai aucune envie, parce que je sens bien que je n'arriverai pas à écrire quoi que se soit de correct aujourd'hui. C'est pourquoi je vais aller me détruire, en sautant d'un pont avec une corde au cou, ou peut-être vais-je plutôt aller faire un tour à vélo, c'est meilleur pour la santé.



Une seule chose est sûre, c'est que tout ça ne nous rendra pas Dalida ; c'est toujours ça...

# Posté le lundi 30 octobre 2006 11:10

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:26