Quel avenir pour une femme entassée dans un camp de réfugiés qui nous dit que ce matin au napalm son village a été rasé ? ©

Quel avenir pour une femme entassée dans un camp de réfugiés qui nous dit que ce matin au napalm son village a été rasé ? ©
Pour quiconque est encore un peu attaché à la beauté de la langue française, se promener dans les rues, l'oreille à l'aguet (une oreille = un aguet, logiquement), est une expérience douloureuse. En effet, le vulgaire - ce qui signifie «commun», et non pas «grossier», je le précise à l'intention de ceux qui seraient tentés de voir ici une marque de mépris de ma part ; je n'ai pas de mépris, juste une immense commisération pour ces gens-là - le vulgaire donc n'a pas seulement pris la mauvaise habitude d'écrire en faisant une faute d'orthographe par ligne, mais il s'acharne aussi à saboter toutes les expressions qui lui tombent sous la main (je voulais dire «sous la langue»). Il n'est pas rare par exemple d'entendre une voix clamer à qui veut l'entendre, et aux autres aussi, ceux qui préfèreraient, égoïstement, rester perdus dans leurs pensées plutôt que de s'égarer dans les états d'âme des autres, «c'est vrai, jte l'jure sur la vie du Coran dma mère !!!». Passons sur la pauvreté stylistique de la chose, il y aurait trop à dire si on commençait à se plaindre de la médiocrité du langage d'aujourd'hui, ce qui n'est pas l'objet ici, restons concentrés s'il vous plait.
Arrêtons-nous plutôt sur le grave problème que soulève cette simple phrase. Car oui, cette phrase, sous son apparente bonhomie et son évidente banalité, est symptomatique d'une plaie de notre époque moderne, j'ai nommé (enfin, pas encore, je veux dire que je VAIS nommer, juste là, maintenant, à l'instant, dans l'immédiat, alors bon s'il vous plait, je vous en prie...) l'exagération. Je m'explique, car je sens que certains ont déjà perdu le fil de ma pensée pourtant claire et lumineuse, je sais, c'est la même chose. Je profite de l'occasion qui m'est offerte pour saluer leur courage, à ceux-là qui ont déjà pris le temps de lire ce texte jusqu'ici : vous faites partie de l'élite de la nation, celle (l'élite, pas la nation) qui arrive à lire plus de trois phrases à la suite.
L'exagération, donc, je le disais avant d'être interrompu par une remarque rendue nécessaire par l'indigence (ça veut dire «médiocrité», mais j'avais déjà utilisé ce mot il y quelques lignes... Et puis ça fait moins populaire) intellectuelle de la majorité des abrutis qui composent le skyworld, l'exagération est donc un véritable fléau, la onzième plaie d'Égypte, le huitième péché capital, le quatrième mousquetaire, le sixième doigt de la main, le quarante-et-unième rugissant de ce monde. C'est ainsi qu'on ne peut plus se contenter de souhaiter que la nouvelle année soit bonne, mais au moins «très bonne» sous peine de passer pour un radin égocentrique ; qu'une jeune fille ne peut plus être charmante, mais «trop charmante, t'as vu» ; que le temps n'est plus que «superbement radieux» ou «horriblement pluvieux» ; qu'être "Very Important Person" ne suffit plus mais qu'il faut être "extra VIP" ; et que le «oui» simple et direct, dont un certain Christ, Jésus de son prénom, souhaitait il y a 2000 ans qu'il soit un «oui» au même titre que le «non» soit un «non» (ça passe mieux dans la version originale (cf. note), qu'on retrouve dans sa biographie la plus fiable, l'Évangile, une collaboration de messieurs Alfred Saint-Mathieu, Élie Saint-Marc, Jean-Claude Saint-Jean et Norbert Saint-Luc, avec l'aide du docteur Léon du Saint-Esprit, inventeur de l'opération du même nom).

Et si elle est dramatique, cette exagération, c'est qu'elle enlève aux mots le sens qu'ils ont naturellement : de la même façon qu'après s'être habitué à saler démesurément un plat, on le trouve fade lorsqu'on revient à des proportions plus justes, les mots paraissent sans saveur lorsqu'on leur retire leurs adjectifs.

Redécouvrons la vraie saveur des mots, ré-habituons-nous à chercher les nuances dans les mets eux-mêmes plutôt que dans les épices, retrouvons la beauté de la simplicité. Car la simplicité est bien plus belle que l'artifice où on la noie trop souvent. J'en veux pour preuve que le plus beau mot de la langue française s'accorde mal de ces adjectifs évoqués plus haut ; il s'agit du verbe aimer.
Essayez vous-même : dites à quelqu'un «je t'aime bien», «je t'aime beaucoup», voire «je t'adore», ou même «zyva jte kiffe sa mère» pour les plus poètes d'entre vous... Puis, à la même personne, dites «je t'aime».
Si vous osez ensuite m'affirmer que ce n'est pas beaucoup plus beau et infiniment plus puissant, c'est qu'on ne peut plus rien faire pour vous...




note : Que votre Oui-oui soit un Oui-oui et que votre Nono soit un petit robot, Jésus Christ à ses disciples...

# Posté le lundi 13 août 2007 10:21

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:31

Quel avenir pour les faits divers régionaux face à la recrudescence des drames à dimensions internationales ?

Quel avenir pour les faits divers régionaux face à la recrudescence des drames à dimensions internationales ?
Mercredi 15 août 2007, la cathédrale Notre-Dame de Paris a enregistré un record d'affluence. En effet, jamais depuis 1957 la cathédrale n'avait été aussi remplie à l'heure de la messe de l'Assomption. Cependant, la Conférence des Evêques de France reste prudente et n'y voit « aucun signe de re-christianisation de la France ».

La prudence est mère de toutes les vertus, et les évêques ont bien raison de rester mesurés : un examen approfondi des bulletins météorologiques des 50 dernières années révèle en effet que c'est aussi en 1957 qu'on a pour la dernière fois assisté à une averse pendant la messe de l'Assomption...

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Le 07 août dernier, à Ngolo-Ngolo, capitale du Biafrogalistan, un homme n'a dû la vie sauve qu'à l'arrivée en urgence de la police, qui a dispersé à la grenade lacrymogène la foule occupée à le lyncher. Cet événement malheureux a relancé la révolte qui avait perdu de son énergie ces derniers temps.

Nous rappelons que la population Biafrogalistanaise est décimée par une famine qui sévit depuis plusieurs mois dans le pays, suite à une mousson trop abondante qui a ravagé les récoltes et noyé le bétail, famine qui s'est ajoutée aux différents scandales politiques qui ont secoué le pays. Le rescapé quant à lui a expliqué que la foule s'est jetée sur lui après qu'il ait, au cours d'une conversation politique, avoué « nourrir des soupçons »...

« Ils se sont tous jeté sur moi en me traitant d'affameur », a-t-il affirmé, encore sous le choc, à la police. Laquelle à finalement conclut au malentendu...

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Après l'annonce de la fermeture de leur usine pour des raisons économiques, les salariés de l'entreprise de textile « Couture & Cie » ont entamé une grève qui dure depuis deux semaines. La police surveille l'usine, occupée par les grévistes. Tout se passait dans le calme jusqu'à hier soir : la police et les manifestants cohabitaient en bonne entente, sans aucune trace d'agressivité d'aucun côté.

C'est une rumeur qui a déclenché le drame : un manifestant apparemment affolé est sorti de l'usine en criant à l'adresse de la police : « faites quelque chose, ils sont en train de brûler leur patron !!! ». En effet, une épaisse fumée noire montait d'un bûcher qui avait été dressé en hâte au milieu de la cour de l'usine. Les CRS ont immédiatement chargé la foule pendant que les pompiers, appelés en urgence, noyaient les flammes sous le jet de leurs lances à incendies.

Après le combat qui s'ensuivit, 3 CRS et 12 manifestants durent être emmenés aux urgences, et le chef de la gendarmerie, le colonel Michel, ne put que constater le malentendu : en effet, les manifestants avaient mis le feu à leurs patrons, à savoir les pièces de papiers servant à découper le tissu. « C'est un couture, je ne sais pas si nous pourrons nous en remettre... », a-t-il déclaré à la presse, visiblement choqué.

# Posté le mercredi 15 août 2007 09:25

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:30

Quel avenir pour le folklore breton face à la mondialisation ?

Quel avenir pour le folklore breton face à la mondialisation ?
C'était un de ces jours mornes et désolants où le soleil lui-même n'ose pas se montrer de peur que chacun puisse lire sur son visage cette tristesse infinie qu'on ne retrouve que dans les week-ends en famille à Dunkerque en plein mois de novembre. J'errais, seul, dans les ruelles du vieux Paris, sans me soucier d'où j'allais, et de toute façon, même en m'en souciant, je n'aurais pas été capable de le dire avec précision, car je ne connais absolument pas les ruelles du vieux Paris. Dire que j'étais perdu ne suffirait guère à exprimer l'ampleur de mon égarement. J'étais égaré plus que Saint Lazare, qui en matière d'égarement le dispute à Montparnasse, beaucoup plus repérable grâce à la tour du même nom. J'étais égaré, donc, et peut-être plus encore moralement que physiquement. Le labyrinthe en moi était plus dense encore que celui dans lequel je marchais, encore que je ne sois pas sûr qu'on puisse dire d'un labyrinthe qu'il est dense, mais en fait tout le monde s'en contredanse, contrefout, alors laissez moi continuer, c'est déjà assez compliqué comme ça. J'en étais donc, en ce jour morne et désolé dont je vous parle depuis tout à l'heure, à me demander si la vie valait vraiment la peine d'être vécue, si tout cela n'était pas finalement qu'une vaste mascarade, si Dieu existait vraiment, et si la station de métro la plus proche était plutôt sur la gauche ou sur la droite, s'il vous plait monsieur, merci beaucoup... lorsque soudain, au détour d'un pan de brume qui passait par là, je vis soudain émerger soudainement une dizaine de jeunes femmes. Pour tout vous dire, c'était drôlement soudain, comme apparition. Ces jeunes femmes se promenaient dans l'accoutrement suivant, voir photo.

Lorsque je les vis (soudainement, je vous le rappelle), un long frisson me parcourut de là à là, voir figure 2. Je fus d'un coup éjecté hors de la désolation où je me trouvais et projeté dans un pays enchanteur : je me retrouvai assis sur un rocher, le visage caressé par les embruns, n'ayant que l'infini où poser les yeux, marchant lentement sur une dune sableuse, chantant au vent joyeux milles chants d'allégresse en écoutant tomber le soir. Les murs gris et sale de la capitale se trouvèrent soudain être des champs d'artichauts sauvages où le lapin folâtre gaiement, des rochers où les vagues se brisent en lançant dans le vent les débris de leur puissance implacablement brisée, de lande déserte où le regard se perd à chercher en vain le moindre signe de vie, où rien ne vient jamais troubler la paix immense où l'esprit s'étend et se délasse et se repose enfin de la fatigue accumulée dans les couloirs du métro et les rues bondées, ce qui nous ramène à la grisaille parisienne où je me trouvais avant de m'en échapper en pensée, grâce aux demoiselles susnommées.

Le temps que je sorte de ma rêverie finistérienne, elles avaient disparu au coin d'une rue hostile, et je me mis à courir follement dans l'espoir insensé de les rattraper, afin d'échanger avec elles quelques mots. Je les retrouvai quelques rues plus loin, occupées à danser la bourrée avec la patronne du bar, qui l'était pas mal elle aussi, bourrée... J'entrai subrepticement et me glissai à une table, tout en m'imprégnant de l'odeur de sel, du bruit des sabots martelant le plancher vermoulu en rythme avec les deux binious qui s'acharnaient à faire plus de bruit que le métro qui passait juste au-dessus, et des vibrations dont je voulais croire qu'elles étaient plus dues à la marée qu'à ce même métro. Cela dura quelque temps, puis cessa. C'est le silence qui me réveilla, ou peut-être fut-ce de sentir sur moi ce regard doux et maternel que posait une de ces jeunes filles, qui était assise, seule, à côté de moi.

Elle avait de grands yeux verts et doux, un sourire discret et sentait bon le varech et la marée montante... Je crus d'abord à une vision et me frottai les yeux avec énergie, mais non, elle était bien réelle : bien droite dans son costume et sous sa coiffe, elle me regardait toujours, attendant que, le premier, je rompis le silence qui s'était fait autour de nous. Le moment était si magique que j'hésitais à le gâcher par un mot, quel qu'il soit, c'est pourquoi je restai silencieux quelques temps. Puis enfin, sentant dans ces yeux qui me regardaient avec toujours la même douceur comme un encouragement, une promesse un peu trouble, je pris mon courage à deux mains et dans l'autre la sienne et, en mettant dans ma voix toute la chaleur que je pus rassembler en moi-même, j'osai enfin parler :
- Kenavo, lui dis-je...
- Pardon ???



Ce n'est que lorsque l'heure qui m'était nécessaire pour regagner mes foyers fut écoulée que je pus enfin repenser sans haine à ce qui s'était passé. Et depuis ce jour, je sais qu'en effet l'habit ne fait pas la gouden.

# Posté le jeudi 16 août 2007 15:20

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:30

Quel avenir pour la fin du monde face au désarmement nucléaire ?

Entendu à la radio ce matin : « hier, pour décompresser après la victoire de samedi soir contre l'Angleterre en match amical, le XV de France est allé regarder le match de l'équipe de France de basketball contre la Russie. » Suivait tout un laïus sur la victoire du XV de France, et interview de 2 rugbymen au sujet de l'ambiance dans les tribunes... Et le journaliste de conclure, après 3 minutes de reportage : « Et pour la petite histoire, l'équipe de France de basket à battu la Russie...
JINGLE

Du foot maintenant [...] »

Alors là je dis non ! Comment un journaliste d'une grande chaîne d'informations nationale peut-il pousser le cynisme aussi loin ? Comme je sens que certains ne comprennent pas la raison de mon juste courroux, et que je sais qu'un petit dessin, même en 2D, vaut mieux qu'un long discours (surtout dans le skyworld), je vais appliquer le même traitement à une information plus importante. Voilà ce que ça donnerait.

Bonjour à tous. Ce matin, Monsieur Poutine s'est rendu dans le QG de la base atomique de Koursk, accompagné du général Alexeï Alexandrov Cracpoumitchkov, commandant du complexe. Le but de cette rencontre était de réunir les deux clés donnant accès au système de lancement de la force nucléaire soviétique. Leur entrevue se passa dans la plus grande décontraction : le général Cracpoumitchkov et le Président Poutine, après avoir échangé des idées d'ordre général sur le mauvais temps, sur l'augmentation du prix des cigarettes, sur le dernier match du FC Moscow contre le Tupolev de Kiev, et avoir porté un toast à la santé de Gary Kasparov, qui a, il y a quelques jours, été battu par l'ordinateur IBM après de longues heures de match, ce qui relance le débat sur la supériorité de l'homme sur la machine, les deux hommes donc se sont attelés à la tâche, toujours dans la joie et la bonne humeur.

Nous écoutons Monsieur Poutine, au micro de Fikmonskov, notre envoyé spécial en Russie :

« Da, bou, da, nietch, gavariech parouski ète touti couanti, gabuzomeu, pero tanto como la vida youpi youkaïda »
Le président Poutine dit que le but qu'il s'était fixé ce matin en se levant est sur le point d'être atteint, et qu'il est très satisfait de sa coopération avec le général Cracpoumitchkov, et qu'il est très content...
Merci Fikmonskov.
Je vous en prie.

Les deux hommes sont en ce moment en train de suivre l'avancement de leurs travaux sur les écrans de contrôle de la base atomique de Koursk en dégustant une petite Vodka bien méritée.

Pour la petite histoire, une vingtaine de missiles de croisière à tête nucléaire sont en ce moment en route vers chacune des capitales des pays de l'Otan. Leur arrivée à Paris est prévue aux alentours de midi.

Bonne journée à tous.

JINGLE

Quel avenir pour la fin du monde face au désarmement nucléaire ?

# Posté le lundi 20 août 2007 04:36

Modifié le mercredi 30 janvier 2008 04:41

Quel avenir pour les histoires impossibles dans les couloirs du métropolitain face au retour de l'engouement pour le tramway ?

Quel avenir pour les histoires impossibles dans les couloirs du métropolitain face au retour de l'engouement pour le tramway ?
Les amours les plus belles sont souvent les plus éphémères. Naissant d'un regard posé au hasard, elles se terminent aussi vite par un dernier regard déjà nostalgique, et c'est fini, et ce fut beau...


Ainsi l'autre jour, à cette heure où les couloirs du métro s'emplissent de la vague bruyante et malodorante des travailleurs fatigués par une journée passée derrière un bureau... Quelque peu fatigué moi-même, mais plein de l'intense satisfaction que procure seul le sentiment du devoir dignement accompli, je m'étais enfourné dans un wagon déjà à moitié plein d'hommes et de femmes inconnus, puis m'étais assis sur un siège vacant et sale. Mon regard se balançait lentement au rythme des cahots du train, ne se posant jamais vraiment sur les gens autour de moi, mais les effleurant comme on frôle distraitement la peau d'une pêche oubliée sur la table du dîner en sirotant un thé tiède face au soleil se couchant majestueusement sur la mer aux reflets verts et oranges, quelque part en Bretagne Nord. Si ces gens n'avaient pas été là, mon regard se serait posé pareillement sur leur absence sans que cela ne change rien à ma béatitude.

C'est alors qu'Elle entra dans le wagon... Je ne saurais dire ce qui fit que mon regard resta fixé sur elle, alors qu'elle se dirigeait vers un siège qu'avait déserté à l'instant un vieillard quadragénaire, les yeux vides et la tête penchée, comme cette fleur oubliée en août sur le balcon d'un HLM et qui se fane lentement au soleil, plus sèche que le c½ur d'un socialiste. Elle n'était ni jolie ni moche, pas même banale, à peine classique. Un visage fin, mais pas plus que ça, faut pas déconner, entouré de cheveux dont la couleur semblait hésiter furieusement entre un noir même pas d'ébène et un blond à peine vénitien. Il faut le dire, Elle n'avait rien qui puisse à première vue la distinguer des 458 jeunes filles que j'avais croisées plus tôt dans le mois et les couloirs du métro, ce qui fait que je ne sais absolument pas pourquoi je continue à mettre une majuscule à « Elle », et ce au mépris de la plus élémentaire des logiques et accessoirement de l'orthographe dont je suis pourtant un farouche défenseur quoi qu'en disent certains abrutis qui m'engluent quotidiennement le cortex voir quelques articles plus haut, merci.
Et pourtant, cette jeune fille (vous ai-je seulement dit qu'il s'agissait d'une jeune fille ?) était belle, bien plus belle que ces femmes artificielles et prétendument parfaites qu'on nous présente à longueur de journée après les avoir sur-maquillées, puis over-photo-shop-pro-ées, renouvelant ainsi le péché originel en se croyant assez doué pour parfaire l'½uvre du Créateur, et m'obligeant à user de mots qui n'existent même pas dans le dictionnaire. Assise en face de moi, elle souriait parfois, sans raison apparente, de ce sourire qu'on réserve généralement à ses amis les plus proches... Elle l'offrait aux regards absents de tous ces gens qui ne la voyaient même pas, et qui passaient sans le savoir à côté de ce trésor si simple et si précieux qu'est un sourire au milieu de l'indifférence hostile, encore que je ne sois pas sûr qu'une indifférence puisse être hostile. Et quand ce sourire naissait sur ces lèvres quelques minutes auparavant encore inconnues, plus rien n'existait pour moi, j'oubliais le bruit, la chaleur, l'inconfort de ce siège toujours sale mais plus vacant puisque j'étais dessus, la fatigue, la mort qui rode... Puis elle est redescendue, et je l'ai regardée disparaître au coin d'un couloir inconnu. Un court instant, j'ai regretté de ne l'avoir pas suivie, puis je me suis dit que c'était bien plus beau comme cela, et qu'essayer d'aller plus loin n'aurait pu que détruire la magie un peu futile d'un amour sans suite...

C'était le mardi 21 août, vers 18.30, sur la ligne 12 dans le sens Porte de la Chapelle --> Mairie d'Issy, entre les stations Jules Joffrin et St Georges. Si tu te reconnais, contacte-moi...

# Posté le lundi 27 août 2007 11:59

Modifié le dimanche 30 décembre 2007 10:30